MAIRIE DE PLOMBIERES LES DIJON

PLOMBIERES LES DIJON 21370


LE CANAL DE BOURGOGNE

« La création de ce grand monument, projetée sous Louis XII et François Ier, résolue sous Henry IV, essayée de plusieurs manières sous Louis XIII et Louis XIV, patronnée par Richelieu, Louvois, Colbert et Vauban, commencée sous Louis XVI, interrompue en 1793, reprise au milieu des gloires de l’Empire, interrompue à nouveau pendant les malheurs de l’invasion, reprise avec énergie sous Louis XVIII pour être terminée sous le Gouvernement de la Révolution de 1830, se lie, …. depuis plus de 300 ans aux évènements et aux noms les plus importants de notre histoire politique.»
(Manuscrit anonyme du XIX è siècle – bibliothèque de Dijon)

canal de Bourgogne
Le 2 janvier 1833, le premier bateau parti de Paris accostait au port de Dijon, accueilli par les autorités et par une foule nombreuse. Il avait franchi, le 28 décembre précédent, le souterrain de Pouilly- en- Auxois, point singulier du partage des eaux, et il avait reçu dans toutes les localités traversées un accueil enthousiaste. C’était la mise en service, sur toute la longueur du Canal de Bourgogne, de la liaison fluviale entre la Méditerranée et la Mer du Nord, dont le tracé traverse de part en part la commune de Plombières.
Cette aventure avait commencé plus de deux siècles auparavant : plusieurs tracés de jonction fluviale entre les deux mers avaient été proposés. Certains étaient plus ou moins fantaisistes. Deux d’ente eux devaient retenir l’attention.

Dans la seconde moitié du XVIIIè siècle, Emilland Marie Gauthey, ingénieur des Etats de Bourgogne, qui était originaire des environs de Châlon, prônait avec force la liaison de la Saône à la Loire, assurant la communication avec la Seine par le canal de BRIARE. Il eut d’ailleurs l’occasion de réaliser ce projet, devenu le canal du Centre.
Mais la jonction de la Saône avec la Seine, par l’intermédiaire d’un affluent de celle-ci, avait aussi de gros défenseurs, malgré les obstacles imposés par la géographie.

En 1763, Thomas Dumorey, Ingénieur du Roi et Ingénieur en Chef des Etats, rédigea un « Mémoire sur le Canal de Bourgogne » qu’il dédia au Prince de Condé, Mémoire qui obtint le prix de l’ Académie de Dijon. Ce document décrit aussi bien les difficultés que les avantages d’un canal reliant la Saône à la Seine, ainsi que les moyens d’y parvenir. La conclusion met en lumière la possibilité technique de sa réalisation et définit le bilan positif des avantages apportés par cette voie d’eau à la Bourgogne.

Ce tracé avait déjà été étudié et de hautes personnalités, telles que l’ingénieur en Chef Abeille et l’éminent Gabriel, avaient été chargées par l’autorité centrale d’évaluer et de contrôler techniquement les possibilités de réalisation d’un semblable projet, et cela dès 1727.
Enfin, la décision fut prise dans un sens favorable, et les Etats de Bourgogne la célébrèrent en frappant une médaille commémorative de la jonction des trois mers par la liaison de la Saône à la Loire, à la Seine et au Rhin, médaille à l’effigie de Louis XVI et datée de 1783.
Alors Emilland Marie Gauthey put réaliser son projet préféré de « Canal du Centre » reliant la Saône à la Loire, objectif qu’il mena rondement. Cela ne l’empêcha pas de prendre part à l’exécution du Canal de Bourgogne.
C’est lui qui en qualité d’ingénieur en Chef à Dijon, procéda le 20 mai 1791 à l’inventaire des terrains à acquérir et à leur estimation pour la réalisation du « Canal » au finage de Plombières.

Le Directoire du Département de la Côte d’Or avait pris le 6 mars 1791 un « arrêté concernant la ligne tracée pour la continuation du canal de la Saône à la Seine, de Dijon à Plombières », et le 12 octobre de la même année, pour le tronçon suivant, de Plombières à Pont-de-Pany. Ces deux arrêtés sont encore « fleurdelisés ».
Un autre arrêté du Directoire « concernant l’ouverture de la partie du canal de Dijon à Plombières » (l’ouverture des travaux) est datée du 26 mai 1791. Les évènements de l’ An 6,l’An 9 et de l’ An 12 en retardèrent l’exécution .

Enfin, le 18 novembre 1813, le canal est ouvert à la navigation entre Dijon, Plombières et Pont-de-Pany, comme il l’était déjà entre Dijon et Saint-Jean-de-Losne.
Il faudra encore vingt ans d’efforts pour voir la réalisation totale de l’ouvrage reliant la Saône à la Seine.
Ainsi, malgré de nombreux incidents sur le territoire de Plombières (Plaintes des riverains pour infiltrations d’eau, de coupure du chemin d’accès aux vignes, ou encore de demande d’indemnités pour préjudice d’exploitation des moulins de Plombières du fait des prises d’eau effectuées pour l’alimentation du canal,…) , depuis 1813 pour partie, et 1833, pour l’intégralité de son parcours, le Canal de Bourgogne est-il mis en exploitation. Les bateaux, halés la plupart du temps à bras d’hommes, plus rarement par les chevaux jusque vers la fin du XIXè siècle, transportent des grains, du vin des matériaux, de construction (pierre, sable), du bois et du charbon principalement.
En fait, il s’agissait alors de péniches de faibles dimensions. Vers 1880, il faut procéder sous l’impulsion de Freycinet, à d’importants travaux d’amélioration afin, justement, de permettre l’accès au réseau fluvial de péniches « flamandes », plus grandes, dont les dimensions ne sont pas au gabarit des écluses primitives.

Cet aménagement est réalisé de brillante façon par l’ingénieur en Chef Bazin éminent technicien, auteur de recherches sur l’ « hydraulique », entreprises avec Darcy.
Le canal devra faire face au développement du Chemin de Fer avec lequel il composa habilement sur le port du canal dans un premier temps. Mais la concurrence devint de plus en plus féroce au détriment de l’activité du canal ; s’y ajouta ensuite celle du transport routier qui acheva son déclin.
Depuis, le canal de Bourgogne connaît, en ces temps écologiques, un regain de faveur pour le tourisme fluvial qui permet d’admirer au fil de l’eau la beauté des paysages de la Vallée de l’Ouche. Ses perspectives rectilignes ou mollement sinueuses, plantées de peupliers, ponctuées de loin en loin par la silhouette de ces petites maisons d’éclusiers lui confèrent un charme qui contribue au renom de notre province bourguignonne…et de Plombières