Le château des Evêques

Situé rue du Moulin, il longe également l'avenue Mitterrand.



Le bâtiment du village sans doute le plus chargé d’histoire est l’actuelle caserne de la Compagnie Républicaine  de Sécurité, la C.R .S. 40.
Initialement résidence construite pour les évêques, il fit office de Petit Séminaire avant d'être attribué, au début du XXème siècle au département de la Côte d'Or.

Le Roi Gontran, au VIème siècle, donne les terres à l'Abbaye de Saint Bénigne de Dijon ; les religieux  y élèvent des bâtiments.

La Révolution française destitua le corps religieux de ce bâtiment. Pour ce faire, au mois de septembre 1791, le citoyen Joseph Koernelle, après avoir prêté serment entre les mains de M. Chaisnaut, juge de paix du canton de Plombières, procède à un minutieux inventaire et estime à 24 700 livres la bâtisse et le jardin.

Vendu comme bien national, le château passe entre les mains de divers acquéreurs.

En 1793, on note l’occupation des bâtiments par le « Régiment des Chasseurs à Cheval de la Côte d’Or » : 248 volontaires passeront par le dépôt de Plombières. La population avait surnommé « Les Gros Talons » ces cavaliers habillés de blanc.

Cependant, elle redevint propriété de l'Eglise, avec Mgr Dubois, évêque de Dijon qui y établit "Le Petit Séminaire" jusqu'en 1911.
Le 12 novembre 1821 a lieu la première rentrée des élèves du Petit Séminaire ; le supérieur est M Sebillotte. Le nombre d’élèves oscillera entre 260 et 118.
Notons que le Chanoine Kir fut, dans sa jeunesse, un pensionnaire illustre du Petit Séminaire ; la légende prétend que c'est à cette époque qu'il aurait songé à la création d'un lac artificiel entre Plombières et Dijon.

Chaque évêque ou supérieur contribue à la mise en valeur des bâtiments et à leurs restructurations afin d’améliorer le confort des pensionnaires. Les jardins et les parterres, les terrasses et les bosquets, les allées d’arbres font de cette propriété l’une des plus belles de la région.

Pendant la guerre de 1870, le Petit Séminaire est au cœur des combats de Plombières ; le 30 décembre, les élèves rentrent dans leurs familles tandis que l’établissement qui avait servi de salles de soins est enfin évacué ; les salles détériorées furent ensuite remises en état et le 12 avril 1871 le séminaire, assaini, rouvre ses portes.

Les cours reprennent jusqu’à la fin de l’année 1906. Ils sont alors interrompus par le séquestre prononcé par le Préfet. Dès les premiers jours de 1907, le séminaire se reconstituait à l’Ecole Saint- Joseph à Flavigny.

Après la loi sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, le château est ainsi réattribué au département et on y trouve différents "locataires" (régiment d'infanterie, hôpital militaire, régiment d'artillerie lourde).

En 1946, à la création des Compagnies Républicaines de Sécurité, la CRS 81 s'y installe pour devenir après quelques années, en 1962, la CRS 40. Le ministère de l'intérieur rachète au département la propriété en 1989.