MAIRIE DE PLOMBIERES LES DIJON

PLOMBIERES LES DIJON 21370


LA MAISON GAUTHIER

Plombières au milieu du XVIIème siècle était renommé pour ses maisons de plaisance : «Plombières est un village situé sur le bord de la rivière d’Ouche au milieu d’un des plus agréables vallons qu’on puisse voir sans en excepter même celui de Tempé si renommé chez nos poètes. Plusieurs personnes de qualité de Dijon d’où ce village n’est éloigné que d’ une petite lieue, y ont des maisons de plaisance toutes proprement bâties». (Mercure Galant 1679)

La plus célèbre propriété après le château des Evêques fut la maison Gauthier.
Située à l'angle de la rue de Verdun et de la rue du Moulin, elle appartient dès 1654 à Jean GAUTHIER, Conseiller du Roi Louis XIV, Maître en la Chambre des Comptes, qui la reçoit de ses parents. Il s’y retire en 1660 pour se consacrer à l’étude des Sciences.

Il s'attache à reconstruire une des plus belles maisons de campagne de l'époque.
Du 30 avril au 6 juin 1674, pendant que le Roi Louis XIV faisait la guerre en Franche Comté, le Dauphin, âgé de 13 ans, séjournant à Dijon avec la Reine et s’entendant vanter les agréments de la villa Gauthier, se rendit à Plombières accompagné de Bossuet son précepteur et des gens de sa cour.

Jean Gauthier, très honoré de cette visite en perpétua le souvenir en faisant élever un obélisque de 50 pieds de haut. Elle a été détruite à la Révolution de 1791.
En 1701, à la mort de Jean Gauthier, sa sœur Pierrette lui succéda. Anoblie par son mariage avec Jean de Cluny, conseiller du Roi, elle porta le titre de Dame de la Roche et Vausandrey. Elle jouissait d’une grande fortune, n’ayant pas d’enfant, elle employa la meilleure partie de son bien en bonnes œuvres.
Très pieuse, elle fit construire une chapelle et y fit nommer un chapelain particulier.
Après sa mort en 1712, son testament allait mettre dans l’embarras les futurs propriétaires de cette illustre maison.
En léguant sa propriété, Pierrette Gauthier obligeait son cousin Pierre de la Mare et ses futurs occupants, à fournir une rente de 200 livres pour l’entretien d’un chapelain, dont ils avaient droit de nomination.
Ce chapelain était chargé de dire la messe «à la pointe du jour pour que les habitants aient la commodité de l’entendre avant d’aller à leur travail», ce qui veut dire que la messe était sonnée à 4h du matin chaque jour au départ du pâtre.

En 1766, les habitants se plaignirent auprès de l’évêque pour cette heure trop matinale ;ils eurent gain de cause et la messe fut ramenée à une heure plus raisonnable.
La rente de 200 livres fut versée par les propriétaires successifs jusqu’à la Révolution.

Le dernier chapelain fut l’abbé Claude Louis Lault de Saugy.
A partir de cette époque, les chapelains n’étant plus nommés, la rente cessa d’être versée jusqu’en 1809. La Fabrique de Plombières fit un procès à la propriétaire de l’époque Madame d’Oïzilly, qui dut payer 1200 livres d’arriérés et reverser chaque année les 200 livres. En 1819, elle fit ramener la somme à 158,60f. Madame veuve Sicardet qui purgea son domaine de la rente dont il était grevé, en versant 3 950F à la Fabrique.

Ses principaux propriétaires :

1654 Jean Gauthier

1702 Pierrette Gauthier

1712 Pierre de la Mare

1783 François Sirice Melchior, comte de Vogüe

1791 Monsieur Auguste Martin d’Oïzilly ; sa veuve, Marguerite Papillon d’Oïzilly, lègue sa maison à la fille de sa femme de chambre, Mme Sicardet

1848 Mme Sicardet propose sa propriété à la commune aux fins d’y installer la nouvelle Maison Commune et les écoles primaires, mais le prix demandé étant trop élevé, l’affaire n’eut pas de suite.

1858 Jules Grenier Gustelle se rend acquéreur de la propriété et fait reconstruire une très belle maison bourgeoise.